Aller au contenu

Lu pèrlinadje/XIII

Èn årtike di Wikisource.
XII
Rawète patwincieûse 2026,
Rawète patwincieûse (Supplément dialectologique) 2026

Les dialectes employés dans cet ouvrage avaient déjà été individualisés dans le premier tome de mon premier ouvrage « Ène bauke su lès bwès d’ l’Ârdène » (1984). Voir « L’aplacemint du walon d’ Transine ».

Sur la carte, on voit se dessiner:

  • L' aire dite « Payis d' ersè » (point Tr central sur la carte), que j'allais étudier plus intensément de 1995 à 1998 (dans mes cahiers Lu Rasgoutadje des basse-ârdinrèces, étude que je continue ponctuellement en remaniant la base de données associée au travail. C'est l'accent qui correspond au parler de Contrand et de Djihin.ne.
  • L'aire famennoise (FAU sur la carte), nettement différente car déjà ratachée au Centre wallon. C'est le dialecte de Tîri.
  • La zone de Bertrix-Bouillon (BÈ sur la carte), correspondant à la langue de Tchon.
  • La zone de Saint-Hubert (BÈ sur la carte) est illustrée par la prononciation de Pére Biètrumè.
  • La zone chestrolaise (TCH sur la carte), dont l'accent est consigné dans le langage du Ribaud Cornèt.

Traits communs

[candjî]

Quatre de ces parlers n'utilisent pas la finale -ès des adjectifs féminins pluriels antéposés (carte ALW 2 p. 50).

  • des ptites flauwes èt racontroûles (/ptit′‿floːw/).
  • des bounes djins (/bunʤɛ̃/).

Seul Tîri d' l'Alou l'emploie occasionellement.

  • C'èst todi à pô près lès min.mès tchîrîyes
  • Là sacantès-anéyes
  • nos gros tchaurs à cwatès roûwes

Les cinq parlers n'utilisent pas « nos / nous » mais « dji / dju / djë » pour le pronom sujet de la 1e personne du pluriel (Carte ALW 2 p. 76).

  • Quand dj'ans arivé
  • quand dj' ratindins à Constantinope

Le phonème normalisé par le diasystème å est toujours prononcé comme O long /oː/. Il est retranscrit « au » dans quatre dialectes, mais « ô » par convention avec le système Feller-Pierret, dans le parler du Ribaud Cornèt.

Le phonème normalisé par le diasystème ô est toujours prononcé comme O long nasalisé /õ/. Il est retranscrit « ô » dans quatre dialectes, mais « ö » par convention avec le système Feller-Pierret (qui l'apelle « O long entravé »), dans le parler du Ribaud Cornèt.

Traits différentiés

[candjî]

Articles

[candjî]

L'article indéfini masculin singulier (fr. « un ») est remarquablement différent dans les cinq parlers : « in » pour la zone de Transinne, « on » pour Saint-Hubert et la Famenne, « un » pour le bouillonnais et « î » pour le chestrolais (Carte ALW 1 p. 264).

De même, l' article indéfini féminin singulier (fr. « une ») est « ène » pour Transinne et le chestrolais, « one » pour Saint-Hubert et la Famenne et « ëne » pour Bouillon.

L'article défini (fr. « le, la ») n'est le même dans les deux genres qu'à Saint-Hubert « lu » et à Forrières « li » (Carte ALW 1 p. 180). A Transinne, Bouillon et en chestrolais, l'article féminin est « la », non élidable (Carte ALW 2 p. 24). Le masculin est « lu » à Transinne et Warmifontaine et « lë » à Bertrix-Bouillon.

Infinitifs

[candjî]

Les verbes du 1er groupe de Hendschel (fr. -er) ainsi que leur participe passé sont prononcés « é /e/ » à Transinne, et à Bouillon, mais « è /ɛ/ » à Forrières, Sint-Hubert et Warmifontaine (Carte ALW 2 p. 210). La prononciation « é » est orthographiée comme en français (-er pour l'infinitif et -é pour le participe passé). La prononciation -è est est orthographiée « è » autant pour l'infinitif que pour le participe.

Les verbes du deuxième groupe de Hendschel (fr. -er, latin -y-are) sont assimilés au 1r groupe à Transinne (finale -er / -é), à Saint-Hubert et en chestrolais (finale -è). Ils sont en -i (court) à Forrières et en -î (long) à Bertrix-Bouillon (Carte ALW 2 p. 214).

Formes conjuguées

[candjî]

La finale de l'indicatif présent 3e personne du pluriel est « -èt » à Transinne et à Forrières, mais « -ant » dans les trois autres zones. (Carte ALW 2 p. 282).

La finale de l'imparfait singulier (et du conditionnel singulier) est « -os / -ot » à Transinne et Bertrix-Bouillon, « -èt » à Saint-Hubert, « -éve » à Forrière et « -é » en chestrolais. Notons également la forme remarquable « ére » pour « était » à Bertrix (Carte ALW 2 p. 300).

  • Ctrd. - I v’s-avot lê du bin ?
  • P.B. - lu Djâle s'avèt d'jà mètu dins leû keûr.
  • Tîri - To n’avéves qu’à t’alè k’fèssè, èt on n’è causéve pus.
  • Cor. - T’ôrés fêt sëlmèt…; dju vörés quu l’ Djâle t’apice.

La finale de la troisième personne du pluriel de l'imparfait est -int dans quatre dialectes, mais -ièt en chestrolais (ALW 2 p. 308)

  • P.B. - Il avint fèt l’ mârs’
  • Cor. - les grosses-agôches qu’êrièt su l’ ravièr

Autres phonèmes et morphèmes

[candjî]

La finale des substantifs correspondant au français -ier est -î dans quatre dialectes, mais -iè en chastolais (ALW 1 p. 192).

  • Ctrd. - mustî
  • Cor. - halkotiès

Le phonème normalisé par le diasystème « én » est « in » /ɛ̃/ dans quatre dialectes, mais « iè » en chestrolais (ALW 1 p. 78). Voir aussi imparfait 3e pluriel.

  • Ctrd. - Nosse mére nous l’avot bin dit
  • Cor. - An vêrè b

Le phonème O/OU est réalisé « ou » dans trois dialectes, mais « o » en Famenne et à Saint-Hubert.

  • Tch. - pou quéques djoûrs
  • Cor. - pou z-apêtchè
  • P.B. - po nos-ôtes.
  • Tîri - po ’ne saqwè