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Lu pèrlinadje/VIII

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VIII
Lès pondants èt lès djondants (Notes explicatives),
Lès pondants èt lès djondants (Notes explicatives)

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l. 2 La datation de cette période est assez précise, puisqu'elle a fait l'objet de trois types de chroniques: les chroniques occidentales, chaque prince ayant son chroniqueur; la chronique byzantine d'Anne Commène; les chroniques arabes dont celle d'Ibn al-Qalanissi, de Damas, qui a 26 ans en 1096, est la plus fidèle.

1.5 lu Dutchî = le duché (de Bouillon) terme utilisé jusqu'à une époque récente à Ochamps pour désigner les gens de Bertrix et Jéhonville. Il correspond à une variété de wallo-lorrain bien caractéristique représentée ici par le dialecte de Tchon. Tère du Sint Yubinrt = terre de l'Abbaye de Saint-Hubert, petit état tampon, assez indépendant, entre Bouillon, Liège (et Namur) Il s'y développera un wallo-lorrain original, dont le modèle est le langage du Pére Biètrumè.

1.6 frés lorins c'est-à-dire "tous mes frères de Basse-Lotharingie", fief de Godefroy de Bouillon qui comprend entre autres les Lorraines française et belge actuelles, et le Comté de Verdun. Nous trouvons donc dès cette époque l'Ardenne isolée politiquement des autres zones wallonnes: du Namurois, à cause d'une querelle d'héritage entre Godefroy et Albert de Namur, et de Liège, car le Prince-évêque Otbert, anti-papiste, ne soutient la Croisade que du bout des lèvres. Ce facteur joue certainement un rôle important dans l'individualisation d'une zone dialectale wallo-lorraine.

1.19 allusion à la dîme, due sur les récoltes et rassemblée par un employé du bénéficiaire (ici, l'abbaye de Saint-Hubert). Cet employé porte le nom de "piqueû" car il piquait la dixième gerbe. cfr français familier piquer = dérober (Réf. 8)

l. 24 formule latine de "au nom du père ...". N'oublions pas que la messe fut dite en latin (sauf le sermon) jusqu'en 1960 environ.

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l.4 Nosse Sègneûr l'Apausse = Notre Seigneur l'Apôtre. C'est ainsi qu'on parle du pape à l'époque, notamment quand Pierre l'Ermite lors d'un premier pélerinage "privé" à Jérusalem, lui demande par lettre de venir en aide aux chrétiens d'Orient.

l. 5 - quu l' Bon Diu… Lorsque, dans un discours "officiel" (comme un sermon), un responsable nomme un dignitaire ecclésiastique (le pape) ou temporel (le Duc), il utilise cette formule de respect. Voir aussi liste des expressions sous « towè ».

l.6 Yèrosalèm’ = Jérusalem (prononciation latine). Contrand et Tchon prononcent Yérousalèm′

1.9 fwâre du Sint Yubinrt: octroyée aux villageois par l'Abbaye, réglementée en 1048, elle contribuera à transformer le village en bourgade (on bork), titre qui sera décerné officiellement en 1184, d'où le nom de "borkins" donné en wallon aux habitants de Saint-Hubert jusqu'à nos jours (Réf. 2)

l. 14 Parti du Berry, Pierre l'Ermite passa effectivement en Lorraine avant de se rendre à Namur, Liège puis Aix-la-Chapelle et Cologne, point de départ de l'expédition. Bouillon fut donc certainement le point de ralliement des pélerins de nos régions.

l. 22 à 25 Ceci eut effectivement lieu à Nisch, en Bulgarie

l. 25 Wautî-sins-bins = Gauthier-sans-avoirs, prince sans héritage qui constituait la maigre partie combattante de la Croisade des pauvres.

l. 27 l'Imp'reû = l'empereur byzantin, Alexis Commène, dont l'attitude envers les croisés ne fut pas sans équivoque.

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l. 1 Le samedi saint 1096, en effet, la Croisade des pauvres est à Aix-la-chapelle.

l. 7 à 9 Lors de leur passage en Rhénanie, les croisés ont massacrés atrocement les communautés juives. Les juifs, peuple "déicide", sont choisis comme première cible de la guerre sainte des chrétiens.

l. 10 à 15 allusions aux pillages effectués en Asie Mineure. L'Asie Mineure est considérée comme territoire ennemi, puisqu'elle vient d'être conquise récemment sur les Byzantins par les Turcs Seldjoukides. En réalité, les peuples de la région sont des chrétiens de longue date: rappelons-nous les deux conciles de Nicée, ou la figure de Saint-Nicolas, natif de la région. Les scènes de cannibalisme décrites ici, sont corroborées par tous les chroniqueurs, arabes et occidentaux.

l. 15 à 26 et P.5 l. 1 à 4. Djan-R'naud dès Fwatès-Tères = un certain chevalier Renaud, contrevenant aux directives de Pierre l'Ermite, voulut effectuer des pillages pour son propre compte. Après avoir conquis la forteresse de Xérigordos (ici: Sèrigôde), il y fut assiégé et assoiffé. Après sa reddition, il se convertit à l'islam pour sauver sa vie, et combattit les croisés.

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l. 5 Le Pére Biètrumè attribue l'échec de la croisade des pauvres à un châtiment de Dieu provoqué par les nombreuses fautes morales des croisés. Cette attitude d'un membre du bas-clergé est dictée par celle des ecclésiastiques de plus haut rang, dont le chanoine chroniqueur Albert d'Aix, particulièrement critique envers les massacres des Juifs.

L. 7 l'épopée de Roland à Roncevaux, racontée de château en château par les trouvères et ménestrels, est une histoire classique bien connue même par le petit peuple.

l. 9 la djint Nosse Sègneûr: périphrase désignant les Croisés. Sarasins: désigne tous les peuples musulmans. Ceux rencontrés ici sont des Turcs Seldjoukides, d'origine mongole, sans lien aucun avec les Berbères marocains qu'a combattu Charles Martel. Mais, à l'époque on se soucie peu de telles distinctions académiques.

l. 5 à 15 la croisade des pauvres fut piégée dans un défilé étroit et massacrée par les troupes seldjoukides. Le spectacle désolant de leurs ossements est décrit dans la chronique d'Anne Commène, dont les émissaires byzantins ont pu visiter les lieux après le drame.

l. 16 à 19 certains rescapés de la croisade des pauvres seraient réfugiés sur les monts boisés de Bithynie

l. 20 à 22 lès tchamossès du-d-durî la Crèsse: ce sont des lépreux, isolés sur une colline voisine. A côté des épices et de nombreux légumes, la lèpre fut un autre cadeau que les Croisés ramenèrent d'Orient dans leur valise.

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l. 1 à 4 décrit la composition (polyglotte) de l'ost de Godefroy de Bouillon, duc de Basse-Lotharingie, marquis d'Anvers, comte de Verdun. S'y retrouveront donc des Lorrains, auxquels s'assimilent nos wallo-lorrains; des Francs allemands, peuplades des bords du Rhin et de la Moselle, jadis conquis par Clovis; dès "tiyons" c'est-à-dire des Teutons, mot qui désigne plutôt les futurs néerlandais du marquisat d'Anvers et de Basse-Rhénanie (Cologne, Aix-la-chapelle). Les "Lidjeûs" bien qu'indépendant politiquement, se sont joints à l'ost de Godefroy, suite aux relations privilégiées unissant le Duc de Basse-Lotharingie aux princes-évêques de Liège.

l. 5 à 6 le frère de Godefroy, Baudouin de Boulogne, le futur roi de Jérusalem, rassemble des troupes recrutées sur les terres de son père, en Normandie, et de sa mère, en Brabant (= lès Romans)

Longûe-Bârbe = Lombard, au fait l'armée des "Normands des Deux Siciles", soit des Italiens du Nord et du Sud, une autre composante importante de la première Croisade.

l. 15 cette invocation, introduite précédemment pour conjurer les invasions normandes (de furorum normanorum…), fut répétée jusque très récemment dans les prières des Rogations.

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l. 3 soit deus jours après la traversée du Bosphore par l'armée de Godefroy de Bouillon et la jonction avec les rescapés de la croisade des pauvres.

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l. 10 à 22 Nos Ardennais, qui sont restés huit mois dans cette contrée à climat méditerranéen, sont étonnés des différences du calendrier agricole, et des précipitations.

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l. 1 à 3 Voir note P. 4 l. 15 L'ost de Godefroy de Bouillon était arrivé à Constantinople le 23 décembre 1096 et n'est repartie que le 10 avril 1097. Il fallait effectuer la jonction avec les autres troupes de la première croisade, dont chacune avait son itinéraire propre, avec Constantinople comme point de rassemblement. Mais il y eut surtout le conflit politique entre les Croisés et l'empereur Alexis, qui voulait que les barons occidentaux lui fassent serment d'allégeance, pour qu'il garde la suzeraineté sur les terres qui allaient être reconquises sur les Seldjoukides. Pendant cette longue attente, les hommes de troupe ont eu tout le temps d'apprendre tous les détails de l'épopée de Pierre l'Ermite, celui-ci se trouvant d'ailleurs parmi eux à Constantinople.

l. 9 à 11 Les hommes valides et les femmes étaient en effet le butin de guerre qui revenait de droit au Prince.

l. 11 lu Prince Ârsin.ne = le prince seldjoukide Kilij Arslan. Le prénom Arslan est une turquisation du prénom Israël (la dynastie seldjoukide aurait eu des origines chrétiennes). Arslan (prononcez arslin.ne) est donc naturellement wallonisé en Ârsin.ne.

l. 12 à 15 N'oublions pas que la croisade est une sorte d'exode qui s'effectue avec femmes et enfants. Il y a donc aussi des prêtres et des religieuses. Celles-ci, surtout si elles sont jeunes et belles, font partie du butin de Kilij Arslan et, au prix d'une conversion formelle à l'islam, sont données comme esclaves aux guerriers. La chronique d'Albert d'Aix nous raconte avec force détails l'épopée d'une religieuse luxembourgeoise qui sera récupérée après la chute de Nicée, absoute de son péché "qu'elle n'avait commis qu'à son corps défendant", mais qui, un soir, s'enfuit du camp pour rejoindre son amant turc.

l. 19 à 26 Les esclaves étant une denrée commerciale comme les autres, leur prix obéit à la loi de l'offre et de la demande. Le prix "super-soldé" (un esclave = une paire de souliers) est donné par Ibn Al-Qalanissi. En fait, la conquête de l'Asie Mineure par Soleiman, le père de Kilij Arslan a eu lieu en 1071

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l. 10 Les croisés s'appellent eux-mêmes "pélerins" et la croisade, ce n'est encore que "le pélerinage". Les chroniqueurs arabes les appellent "les Franj"; les chroniqueurs byzantins, "les Celtes". Les termes "Croisés" et "croisade" ne seront utilisés que par la suite eut égard à la croix en tissu que les pélerins cousent sur leur vêtement.

l. 16 Tiri a participé avec Godefroy de Bouillon au siège de Rome en 1083. Il faisait partie à l'époque de l'armée (Réf. 7) anti-papiste de son suzerain, l'empereur germanique Henry IV.

l. 24 En Bulgarie, épuisés par une longue marche, les bêtes de somme ayant été sacrifiées pour l'alimentation, les croisés de la croisade populaire commirent de nombreuses exactions. Il est donc logique qu'ils aient remplacé les chevaux et boeufs de trait par des mulets et des ânes, suivant les habitudes bulgares.

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l. 3 gorhê modèrme = le collier d'épaule qui, depuis le Xe siècle a remplacé le collier de gorge pour la traction équine.

l. 18 à 27 Les lépreux n'ont pas peur des soldats croisés, car chacun s'éloigne d'eux, de peur d'être contaminé. L'habitude de la crécelle sera reprise dans les "maladreries" où seront isolés les lépreux de nos régions (Réf. 5).

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l. 12 à 15 Quand les armées de Henry IV entrèrent dans Rome avec Godefroy de Bouillon à leur tête, elles mirent la ville à sac, suivant les habitudes de l'époque. Godefroy de Bouillon devait regretter cette épopée, qu'il fit pour des raisons politiques (son suzerain, l'empereur germanique, devait valider son droit sur la Basse-Lotharingie, acquis par héritage; or, il aurait aimé donner cette terre à son propre fils). C'est en partie pour expier ce qu'il ressentait comme un péché que Godefroy partit en croisade (Réf. 7) S'il vit encore deux ans et trois mois plus tard, Tiri sera a nouveau impliqué dans la destruction de lieux saints: la maison de Dieu par excellence, lieu sacré des trois religions monothéistes: Jérusalem, que les Croisés pilleront en juillet 1099.

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l. 19 bwès à musique, awoûde, lawoûde = instrument de musique a cordes pincées, dont la caisse de résonnance est taillée dans du bois de noyer. Son nom originel arabe est al aaoud = le bois. Après agglutination de l'article, il donnera lawoûde en wallon, laût en occitan, luth en français. Dans notre texte, on utilise la forme non agglutinée l'awoûde et la forme agglutinée la lawoûde, qui est de féminin par analogie avec les mots de même désinence: troûte, cawoûte…

l. 21 Romins = les habitants de l'Empire Romain d'Orient, qui sont en fait des Grecs. Leurs ennemis arabes utilisent aussi ce même terme "roumi". Le luth, invention arabe, est déjà très en vogue à Constantinople à l'époque, où Tchon est censé l'avoir "récupéré" dans un pillage.

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l.4 lu payis d' Tchini = le comté de Chiny. Ce terme a pris le sens de "partout et nulle part", sens renforcé au 16e siècle, lorsque Louis XIV envahit nos régions au nom de droits familiaux sur le Comté de Chiny.

l. 26 Nûvier = Neuvillers, à l'extérieur du ban de la seigneurerie de Villance, donc le bout du monde pour notre héroïne; de même: Bûre, Lèstèrmi, Stègne (= Resteigne), Lès Batis (entre Transinne et Tellin) (Réf. 5)

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l.3 Notez l'exiguïté d'une tenure paysanne au Moyen-Age. La précarité de ces petits exploitants est une des causes de départ en croisade: on allait à Jérusalem, la Terre Promise, le pays où coulent le lait et le miel.

l. 24 La scène est datée de mars 1096, soit au paroxysme de l'appel à la croisade. La croisade de Pierre l'Ermite est déjà en voie de partance à Aix-la-Chapelle. Godefroy de Bouillon organise son "montage financier" pour payer sa croisade. Celui qui mourrait sur les routes de Jérusalem serait automatiquement absout de tous ses péchés.

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l. 1 à 2 devant les risques de déviation auxquels est soumise toute armée organisée, un édit pontifical interdit aux chevaliers de se faire accompagner de femmes, hormi leur épouse légitime, les blanchisseuses et les vieilles. Djihin.ne se range donc dans la catégorie des blanchisseuses.

l.9 Djihin.ne a encore en tête la terrible famine de 1095, dans laquelle le chroniqueur Ekkehard voit une des principales causes de départ en croisade pour le peuple. Tiri, par contre, est palefrenier officiel, donc jusqu'alors à l'abri de tout besoin matériel.

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l. 10 lu tchènon.ne d'Auch = le chanoine Albert d'Aix, ce chroniqueur plus spécialement attaché à l'ost lotharingien. Aix(-la-Chapelle): en liégois Åhe, devient en wallo-lorrain Auch.

l. 11 Baudouin de Stavelot: chevalier accompagnant Godefroy de Bouillon.

l. 18 Wôms' = Worms, sur le Rhin, où eurent lieu des massacres de Juifs (voir P. 5, l. 7)

l. 23 lu Can'tôriom' = le Cantatorium c'est-à-dire la chronique de l'Abbaye de Saint-Hubert, écrite par un moine anonyme. Elle est en pleine rédaction à l'époque, puisqu'elle ne relate que des faits survenus avant 1106 (Réf. 3)

l.26 Ane Comin.ne = Anne Commène, la fille de l'empereur de Constantinople, qui fut la brillante (mais non impartiale) historienne de l'Empire Romain d'Orient. Princesse de 18 ans à l'époque, elle ne peut qu'exciter l'imagination de nos pélerins, en manque depuis si longtemps.

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l. 16 Andauje = Andage, ancien nom de Saint-Hubert, qui ne changera définitivement qu'au 12e siècle (Réf. 1)

l. 23 la sinte sutofe = la sainte étole de Saint-Hubert, que les pélerins touchaient pour obtenir la protection demandée, notamment contre la rage.

l. 26 lu palijû = le petit palais = Paliseul, ancienne résidence des rois mérovingiens.

l. 27 la transin.ne = la traversée, celle des contrées boisées à la sortie du Duché de Bouillon, vers la Principauté de Liège ou la Terre de Saint-Hubert. Au milieu de ce périlleux trajet devait se développer le village du même nom, actuellement Transinne.

l. 29 la Frantche Têre = le ban de Bertrix, qui avait un statut de terre franche.

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l. 5 Godefroy le Bossu, oncle maternel et éducateur de Godefroy de Bouillon à qui il lèguera ses terres, fut assassiné à Anvers en 1076. Son corps fut rapatrié à Verdun via la route Marche-Wavreille-Transinne-Maissin-Paliseul-Bouillon. Dans le sens inverse, la "vrêe vie vôye du Bouyon à Lidje" deviendra "l'autoroute" des invasions françaises dans notre pays (Réf. 4)

l. 10 Albert, comte de Namur, cousin et théoriquement vassal de Godefroy de Bouillon. Mais il lui revendique le titre de Duc de Basse-Lotharingie et vient assiéger Bouillon en 1086.

l. 15 la cartchapèle du Mussi = la quarte chapelle de Maissin, dépendant de l'église de Villance. Placée sur "la transin.ne", elle peut servir de refuge aux pélerins contre les brigands. Personne, en effet, ne profane un lieu sacré.

l. 19 Villance, seigneurerie hautaine, dépendant de la seigneurerie de Mirwart, laquelle a, à l'époque, des relations tendues avec l'Abbaye de Saint-Hubert, d'où la méfiance des pélerins.

l. 24 à 28 La traversée de la Lesse reste une des principales difficultés de la "transin.ne". Chaque gué a son histoire.

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l. 21 L'homme utilise donc un dialecte germanique de la région d'Arlon, mais connait quelques mots de lorrain, langue romane voisine. Voir aussi P. 7, l.1

l. 23 la Crauye dès Roudjès Vaus = le défilé où fut massacré le gros de la croisade populaire. Voir P. 6 l. 5 à 15

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l. 12 Lès fagnes du Bèlègne: zone marécageuse entre Libin et Ochamps, où, au 19e siècle va se développer l'exploitation de la tourbe. Pour l'heure, c'est une réserve de plantes médicinales.

l. 17 l'écriture est liée à l'instruction, c'est-à-dire à la connaissance du latin. Ce n'est que bien plus tard aux 13e-14e siècle qu'on commence timidement à rédiger en langue d'oïl.

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l. 1 soit lors des premiers pillages après le débarquement de la croisade populaire en Asie Mineure en 1096. Voir P. 5 l. 10

l. 4 le papier utilisé alors en Orient, obtenu par un procédé encore inconnu en Occident à base de paille de blé. Ses inventeurs arabes l'appellent "carête", d'où le wallon "cârte"

l. 8: voir P. 23 l. 23

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l. 2 lès ribauds = une troupe de truands forte de 3000 hommes, originaires de Liège et de Flandre, constitue le génie militaire de la première croisade. Cornet, que nous découvrons ici, est un représentant typique de ces vagabonds, brutaux mais travailleurs. Il est censé être né à Bertrix, avoir grandi à Warmifontaine, où il a travaillé à l'extraction de l'ardoise pour l'extention du château de Bouillon, avoir été bûcheron dans la vallée de la Semois, et habitué de la technique du transport du bois par flottaison. On le retrouve en Principauté de Liège, où il va en prison. Dans sa transaction financière avec l'évêque Otbert de Liège, Godefroy de Bouillon, qui vend son château, a inclus dans le paiement la fourniture de cette troupe de gros-bras, armés de haches et de piques, qu'Otbert extirpe de ses prisons.

l. 3 soit un jour avant la remise en route de la Croisade qui, le 5 mai, marchera sur Nicée.

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l. 13 les ribauds vont ouvrir un passage dans les défilés de l'Ouzoun Tchaïr Dagh, "la Crauye dès Roudjès Vaus", où Pierre l'Ermite s'était fait surprendre.

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l. 5 ène basse d'êwe = le lac Ascanios, dont la maîtrise va être le point crucial de la chute de Nicée.

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l. 1.2 Nicée compte en effet 240 tours "et des murs d'une merveilleuse structure", d'après une correspondance du chevalier Etienne de Blois à sa femme restée au pays.

l. 17 à 27 Au fait, Contrand décrit ici la salle des réceptions le "diwan" (d'où le français divan), au temps de la splendeur de la civilisation arabe, de Bagdad à Cordoue, où le Prince vient discourir avec les artistes, les écrivains, les philosophes, les savants. Mais avec l'invasion seldjoukide, ces cavaliers brutaux et incultes venus des steppes d'Asie Centrale, les temps ont bien changé.

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l. 26 A Jérusalem, Dieu le veut! est le cri de ralliement des Croisés, depuis le Concile de Clermont.